jeudi 9 février 2012

Anniversaire de l'Appel

Nous étions le 9 février 2010, il était 12h18 exactement,
en quelques mots tout a changé...
La Russie acceptait de nous présenter une petite fille.

2 ans déjà que nous sommes tes parents de coeur
car dès la réception de ce mail, nous l'étions irrémédiablement
même si nous ne te connaissions pas encore.

Il y a 6 mois, le 9 août 2011, une porte s'ouvrait sur cette petite fille.
Pour nous, la fin de ce long chemin de l'attente.
Pour toi, le saut dans le grand inconnu, mais bien serré contre nous pour toujours.

Depuis, nous conjuguons la vie à 3.
TOI, MOI, NOUS...

dimanche 5 février 2012

Conférence avec EFA34


Aujourd'hui avait lieu l'AG de notre association EFA, nous avons pu assister à une conférence animée conjointement par Mesdames Patricia Mowbray, fondatrice de l'association Racines d'enfance, et Janice Peyré, ancienne présidente d'EFA.
Le sujet de la conférence portait sur "Vivre son adoption sous le regard des autres". Bien que nous ne soyons pas dans ce cas là avec notre puce couleur vanille, j'ai trouvé leur intervention très intéressante. Patricia Mowbray étant elle même adoptée dans les années 50 a pu raconter son point de vue d'enfant face à cette différence visible.
Mme Peyré a aussi parlé de la mise en ligne sur internet de nos procédures d'adoption et du danger de livrer des parts très intimes de notre vie, de la vie de notre enfant au regard du monde entier. Cela m'a conforté dans mon idée de préserver le plus possible ma loupiotte et de ne livrer sur ce blog que le strict minimum. Je n'aimerai pas que dans quelques années, elle me reproche d'avoir partager tous ses petits détails personnels et qui lui appartiennent avec des personnes qu'elle ne connaît pas.

Voici un article parlant du livre de notre conférencière, il me semble lui aussi intéressant.
Sur son acte d’état civil, Léonie est née le 1er mars 2008. Mais elle est arrivée d’Ethiopie à Roissy avec ses parents adoptifs sous la pluie le 3 novembre 2009, un jour intensément attendu que personne d’autre qu’elle n’a oublié. Et si son papa, Franck, souffle dans les ballons et fait le clown au, il ne peut pas s’empêcher de déboucher le Champomy au cœur de l’automne… Comme des milliers de familles dans lesquelles grandit un enfant adopté, Léonie a deux fêtes à elle dans l’année.
L’anniversaire officiel et l’autre, celui dont on ne parle jamais. « C’est pourtant un jour essentiel, lui aussi », sourit Patricia Mowbray, présidente de l’association Racines d’enfance, adoptée elle-même à l’âge de 3 ans, il y a cinquante-cinq ans, par des parents franco-britanniques. « C’est un jour de renaissance, le jour où on existe à nouveau pour d’autres yeux, le jour d’arrivée sur notre terre d’enfance, le jour où la mère devient mère, le père devient père… »

Dans le livre qu’elle réédite aujourd’hui, « A comme adoption », magnifique ode à cette aventure du point de vue de l’adopté, Patrica Mowbray a absolument tenu à ajouter un chapitre sur « l’anniversaire ». « Ici, en Occident, la date est très importante et le rite entretenu parfois jusqu’à l’excès… Il ne s’agit pas de le rayer : les enfants en ont besoin puisqu’ils sont bien nés comme les autres, que tous leurs copains fêtent leur anniversaire. Mais quand on est adopté, non seulement c’est un jour incertain parce qu’on a pu être déposé tardivement à l’orphelinat, mais c’est un jour sans témoin. Et c’est ça qui manque. » Les parents peuvent y mettre des mots, certes, mais pas raconter. Certaines mamans ont même un pincement au cœur en repensant à ce jour où une autre femme a mis leur enfant au monde. Du coup, le vrai moment ritualisable qui a du sens pour la famille et qui fait rejaillir de l’émotion positive, c’est celui de l’adoption. Les familles pourraient choisir de retenir la date de la rencontre, celle de l’apparentement, du jugement… Mais dans 90% des cas, c’est celui de l’arrivée à la maison qui reste gravé dans le marbre.

« Pavel est rentré avec nous en  le 21 juin », se souvient en souriant la maman de ce petit bonhomme de 4 ans. « Jamais nous n’oublierons ce jour, nos larmes sur le , les regards émus des hôtesses… Ça signifiait qu’on avait dépassé les obstacles, que notre vie à tous les trois commençait… C’était la Fête de la musique et ça restera, aussi, la fête de Pavel. J’imagine que quand il sera plus grand, on fera un petit quelque chose ce jour-là, on l’emmènera au restaurant… » Ce qui ne les empêchera pas de fêter dignement le vrai anniversaire de l’enfant.

D’ailleurs, pour Patricia Mowbray, il ne s’agit surtout pas de gommer « l’avant adoption », ni d’en faire trop, de pourrir de cadeaux deux fois dans l’année un petit qui n’a rien demandé. Encore moins de lui mentir. « Au contraire, c’est juste l’occasion de parler », conclut-elle. « L’émotion de ses parents qui se remémorent son arrivée est très rassurante pour l’enfant… Elle raconte à elle seule la manière dont il a été accueilli. Elle lui permet simplement d’avoir, lui aussi, un « repère d’origine ».

Source : Le Parisien.fr

vendredi 3 février 2012

L'autorité partagée

Depuis 6 mois de vie commune avec notre petite luciole, nous sommes passés par plusieurs stades de métamorphoses. L'apprentissage de la parole en accéléré, du dodo seule dans son grand lit sans pleurs ni angoisses, de la fréquentation de la crèche...

En ce moment, elle teste les limites, s'exerce à la contradiction. Notre autorité est mise à mal à de nombreuses occasions et il est parfois bien difficile de garder son calme face à la tornade.
Beaucoup de remises en question, de doutes, de culpabilité et en écho, un post de mon amie Véro sur son blog Dialogue avec une cigogne sur l'éducation. Alors, ce post longtemps remisé dans un coin refait surface et tout d'abord un livre que je vous conseille.
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« Autorité peut rimer avec aimer et respecter. » L'autorité, aujourd'hui, fait peur. Les parents s'imaginent qu'elle peut être un instrument destiné à soumettre l'enfant au pouvoir des adultes. Et susceptible de ce fait de porter atteinte à sa personnalité et à sa créativité. Or une autre autorité existe qui ne détruit pas les enfants mais constitue au contraire le point d'appui essentiel de leur développement et de leur épanouissement..." 


Pas de recette miracle, bien sûr, mais les paroles simples de cette psychanaliste spécialisée dans l'enfance permettent d'éclaircir certaines interrogations ou doutes  sur le métier de parents.

Voici quelques citations qui m'ont interpelée :
"Le travail d'éducation n'est pas le seul fait des parents. Il implique l'enfant lui-même. Les parents doivent opposer au fonctionnement pulsionnel de l'enfant les interdits de la société. L'enfant va devoir abandonner la toute-puissance et le principe de plaisir pour accepter les règles de vie commune. C'est un cheminement gigantesque..."


"Négocier avec un enfant suppose que l'on se mette sur un pied d'égalité. Dans l'éducation, les enfants et les parents ne sont en aucun cas à égalité car les parents doivent leur apprendre et leur imposer des règles. La théorie de la négociation est une illusion dangereuse."

Il y a aussi un passage sur les punitions et la fameuse fessée. Beaucoup de bonnes réflexions et une bonne dose de déculpabilisation si à bout d'arguments, on se laisse submerger par la colère et que la fessée tombe sur les fesses de notre rejeton adoré.

samedi 14 janvier 2012

L'adoption internationale en 2011

Statistiques Adoptions Internationales 2011
Il est annoncé 1995 adoptions à la date de décembre 2011. En 2010, ce nombre était de 3508.


Cela ne va pas remonter le moral des milliers de familles qui attendent — souvent depuis des années — un orphelin du bout du monde. Selon les dernières statistiques du Quai d’Orsay, seuls 1995 enfants ont été adoptés par des Français à l’étranger en 2011… Le chiffre le plus bas depuis vingt-cinq ans. « C’est moitié moins qu’en 2005, date à laquelle les autorités françaises juraient pourtant qu’on allait doubler les adoptions! » se désole Nathalie Parent, vice-présidente d’Enfance & Familles d’adoption, la plus grosse  de familles adoptives de 
« Cela fait longtemps qu’on voit arriver cette baisse, et elle ne touche pas que la France… Mais elle démontre l’inadaptation du dispositif français à l’évolution de l’adoption internationale. »  Lire la suite ICI... (Source : Le Parisien)

L'arrêt brutal en Haïti avec seulement 34 adoptions (698 en 2010) , la fermeture de plusieurs pays, la signature de la CLH par le Vietnam sont les conséquences directes de cette baisse significative.

Les 5 premiers pays d'adoption ont donc changé :
- L'Ethiopie = 288 adoptions en 2011 - 302 en 2010
- La Colombie  = 286 adoptions en 2011 - 277 en 2010
- La Russie = 286 adoptions en 2011 - 255 en 2010
- Le Vietnam = 264 adoptions en 2011 - 368 en 2010
- La Chine = 97 adoptions en 2011

Seules la Colombie et l'Ethiopie restent stables et ce, depuis plusieurs années maintenant. La Colombie est un des seuls pays à l'heure actuelle où les démarches semblent sûres et claires pour les familles.
Pour l'Ethiopie, la diminution significative des adoptions devrait se ressentir pour l'année prochaine.

L'âge des enfants adoptés cette année évolue peu aussi, la majorité d'entre eux a entre 6 mois et 3 ans.
Quant aux adoptants, la plupart des parents ont entre 35 et 45 ans.

Si l'on regarde de plus près l'adoption en Russie, cela donne : 10 adoptions par l'AFA, 49 par les OAA et 227 en individuel.
Avec l'arrêt annoncé des procédures individuelles pour fin 2012, le calcul sera vite fait pour ce pays.

Article intéressant et apportant des infos sur le site "Le quotidien du médecin"

mercredi 11 janvier 2012

Mes séries TV - part one

Je suis totalement addict aux séries TV américaines et depuis longtemps. Cela a commencé dès l'adolescence et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Je ne regarde plus du tout les programmes des chaines "normales", mes soirées, après le coucher de la petite bestiole d'amour, sont occupées à regarder mes séries fétiches.
Je vais vous faire partager quelques unes de mes séries cultes.

En ce moment, mon coup de coeur est une série de science-fiction Battlestar Galactica.
Cette série est en 4 saisons et malgré des épisodes moins intéressants dans la saison 3, je suis sous le charme. Une musique du générique assez planante, des personnages complexes et une rivalité homme/machine qui laisse à réfléchir.
Le final est juste extra.


Synopsis :

Les cylonsrobots humanoïdes créés par les humains et dont ils sont devenus les ennemis jurés, ont complètement disparu de l'univers connu depuis la signature d'une trêve une quarantaine d'années plus tôt. Durant ce répit, les humains ont reconstruit leurs mondes (les Douze Colonies), créant de nouveaux vaisseaux et vivant désormais dans une certaine insouciance du passé. Le vieux battlestar Galactica, qui a rendu de fiers services lors de la première guerre contre les cylons, est sur le point d'être démilitarisé et transformé en musée.
C'est le moment que choisissent les cylons pour réapparaître, dotés de nouvelles technologies qui leur permettent de ravager à nouveau les douze colonies humaines. Protégé des virus informatiquesennemis par son obsolescence, seul l'antique Galactica parvient à résister à l'attaque et devient ainsi l'unique escorte militaire d'une flotte spatiale hétéroclite regroupant les derniers survivants de l'humanité. Afin de se donner un nouvel espoir, la flotte de réfugiés part alors en quête d'une mythique treizième colonie qui porterait le nom de « Terre » tandis que les cylons se lancent à leur poursuite, déterminés à les exterminer.

dimanche 1 janvier 2012

Ciao 2011, 2012 nous voilà


A ceux qui débutent dans l'adoption
A ceux qui font des papiers, des papiers, encore des papiers
A ceux qui attendent leur petit bout d'amour
A ceux qui n'en peuvent plus
A ceux qui viennent d'arriver en France
A ceux qui sont là depuis longtemps
A tous les parents et surtout à tous nos petits
Je souhaite une très belle année 2012.

jeudi 15 décembre 2011

Histoires de familles

Abandonner et recevoir : La question de l'adoption
L’adoption est l’histoire d’une filiation à inventer, à réinventer.
Si on ne parle plus « du droit à être parent » mais « du droit qu’a chaque enfant à avoir des parents », le phénomène de l’adoption reste une des réponses  à l’impossibilité de procréer. 
Cette blessure du deuil à faire de l’enfant biologique est souvent la première étape dans la vie des futurs parents adoptifs (excepté dans les démarches dites « humanitaires », lorsqu’un enfant adopté vient à la suite d’enfants biologiques). De son côté, l’enfant tellement attendu n’a rien demandé : abandonné, souvent malmené ou maltraité dans ses premiers jours, voire ses premières années d’existence, il arrive avec une histoire qui, même très courte, s’est inscrite en lui. 
Loin des idées reçues et des tabous, des parents adoptifs ont accepté de parler à l’équipe de "Sur les docks". Ils livrent leur expérience, heureuse, malheureuse.
Ils racontent les combats, les douleurs et les joies, ce chemin à construire avec leurs enfants. Si trop de silences et d’incompréhensions pèsent encore sur eux dans les moments de doute ou de difficultés, ils  assument avec courage leur choix. 
France Culture - Sur les docks 3/4




Je m'appelle Volétrouvé : parole d'adoptés...
« Volétrouvé » est un  conte de Jacob et Wilhelm Grimm. Il raconte l’histoire d’un garde-chasse qui  recueille un bébé abandonné et l'élève avec sa fille. Devenu grand, Volétrouvé est menacé un jour de passer à la casserole. Sa sœur d'adoption l'aide de mille manières à échapper à la cuisinière, en échange d'une promesse de fidélité. En écho au conte de Grimm, l’équipe de Sur les docks donne la parole à  des enfants adoptés.  Devenus grands,  ils racontent avec distance leur enfance, leur adolescence et leur entrée dans l’âge adulte comme autant d’étapes vers la prise de conscience du double traumatisme vécu. 
France Culture - Sur les docks 4/4

dimanche 11 décembre 2011

Signature de l'accord bilatéral franco-russe

Communiqué APAER - Signature de l'accord bilatéral

L'APAER est en deuil, c'est du moins ce que nous avons ressenti en apprenant la signature de l'accord bilatéral entre la Russie et la France le 18 novembre dernier. Car la démarche individuelle, si décriée par le gouvernement français, a longtemps permis à de nombreux enfants de trouver une famille et de voir leurs yeux briller de bonheur, et aussi à des parents d'ouvrir leur cœur à ces enfants.


Nous voudrions rendre hommage à cette démarche. Oui, enfants adoptés d'origine russe, cette procédure est sécurisée ! Oui, autorités de Russie et de France, cette démarche suit la même procédure que l'AFA ou les OAA ! Nous disons bravo à toutes les familles qui ont eu le courage de se lancer dans cette voie, souvent par obligation suite au refus des OAA qui, en ajoutant des critères discriminatoires, ne reconnaissent pas forcément l'agrément délivré par la République française. 
Oui, nous affirmons avec Dostoïevski que « Ce n'est pas en enfermant son voisin qu'on se convainc de son propre bon sens ».


Pour le moment, le contenu précis de cet accord bilatéral n'a pas été révélé. Ni l'AFA ni les associations de parents n'ont été associées à son élaboration. Bel exemple de démocratie ! Notre première action sera donc de demander, en tant que citoyens, l'accès au texte de cet accord.

Nous, association APAER, avec notre expérience de près de dix ans dans l'adoption en Russie, nous craignons une forte chute des adoptions françaises dans ce pays dès que l'accord sera ratifié, sans savoir si elle pourra un jour être rattrapée.


Ce qui est grave à nos yeux est que fin 2009, le SAI nous avait promis de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour accréditer de nouveaux OAA. Résultat, en 2011, le nombre des OAA travaillant en Russie s'est réduit à deux, Médecins du Monde n'ayant toujours pas retrouvé son accréditation en Russie, perdue notamment à cause de rapports de suivi non fournis. Pas de nouvelles accréditations connues en cours.
Au 30 septembre 2011, sur 205 adoptions comptabilisées en Russie, 11 ont été réalisées par l'AFA et 26 par les OAA, le reste par l'adoption individuelle.


L'Italie, exemple souvent cité comme un modèle par le SAI, a plus de 10 OAA actifs en Russie. Le gouvernement, en signant cet accord bilatéral, se retrouve au pied du mur des promesses non tenues jusqu'à maintenant. Nous attendons qu'il s'engage par des faits. Nous resterons vigilants sur ce point.


Nous analyserons aussi l'impact de cet accord sur l'évolution quantitative et qualitative des adoptions, sur la mise en place de moyens supplémentaires pour l'AFA et les OAA, ainsi que sur les facilités accordées dans l'accompagnement des familles..
Les données publiées parlent de 170 000 enfants adoptables en Russie (sur une population de 700 000 enfants accueillis en orphelinat). Combien rêvent de parents aimants ? L'accord bilatéral a-t-il pensé à « l'intérêt supérieur de l'enfant » avant de supprimer si tôt le complément de la voie individuelle ?


Après cette première réaction chargée d'émotion, nous tiendrons informés nos adhérentes et nos adhérents de la suite que nous souhaitons donner à nos actions.


Le Conseil d'Administration de l'APAER
Association des Parents Adoptant en Russie

mercredi 7 décembre 2011

Ton premier sapin

Et
Voilà !
Une guirlande,
des boules et des étoiles.
Notre premier sapin avec toi.
Whaouh...

samedi 3 décembre 2011

2011 ou l'adoption sur le déclin



Un tiers de moins d'adoptions internationales cette année. Le phénomène est mondial. Mais la France a aussi sa part de responsabilité.

 Pourquoi y a-t-il moins d'enfants à adopter ?
Parce que plus de 80 pays ont ratifié la Convention de La Haye de 1993. Celle-ci incite les gouvernements à rechercher des parents adoptifs dans leur propre pays. En France, où 26 000 familles adoptives sont agréées, cela se traduit par un tiers de moins d'adoptions. « Exemple : le Vietnam nous a demandé de ne plus envoyer de demandes d'enfants, à partir de février 2010. Les adoptions réalisées sont des projets déposés auparavant », rappelle Édith Sudre, adjointe à l'ambassadeur chargé de l'adoption internationale, au ministère des Affaires étrangères. S'y ajoutent les situations géopolitiques comme en Haïti ou en Côte d'Ivoire. « L'instabilité ou la désorganisation ont gelé les projets. »
Tous les pays sont-ils touchés de la même manière ?
Les États-Unis, premier pays adoptant, le sont. L'Italie, le deuxième, l'est moins. Explication : les pays d'origine demandent des interlocuteurs uniques et professionnels. Or, en France, hormis l'Agence française de l'adoption (Afa), structure publique, « ce sont surtout des associations qui accompagnent les parents adoptants », pointe un spécialiste de ces questions, qui parle officieusement. « Mais nous y travaillons : il existe 34 associations, observe le ministère. Il y en avait 42, il y a quelques années. »
Qu'en est-il de la coopération ?
À la différence d'autres États, la France ne proposait pas de programmes de coopération avec les pays d'origine. « Cela change, depuis deux ans, nous disposons d'un budget de 900 000 € », insiste Édith Sudre. Actions menées :« Formation juridique de magistrats, actions éducatives dans les orphelinats... »
Cette situation peut-elle évoluer ?
Oui mais... Les pays laisseront surtout sortir des enfants à particularités : « Des enfants âgés de plus de 5 ans, des fratries de deux ou trois enfants ; des enfants malades ou affectés de malformations », ajoute Édith Sudre. Cela peut être des cardiopathies, des handicaps de type cécité ou surdité, des infections par le HIV ou les hépatites.
Et l'adoption d'enfants français ?
Pas de difficultés pour les 600 à 700 enfants nés sous X chaque année. Pour les enfants délaissés ou maltraités par leurs familles, c'est très différent. « Les services sociaux des conseils généraux tardent parfois à transmettre les dossiers aux juges, confie-t-on toujours officieusement. Et les juges peinent quelquefois à reconnaître la situation d'abandon. » Michèle Tabarot, députée UMP des Alpes-Maritimes, propose de ramener le délai de délaissement à partir duquel le dossier doit être instruit d'un an à six mois. Davantage d'enfants pourraient être reconnus pupilles de l'État et donc devenir adoptables.
Philippe SIMON Source Ouest France
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